Catherine Branger tire le fil du temps en traçant des lignes. D’expériences en expérimentations, de découvertes en trouvailles, elle tisse son œuvre tel un orfèvre de la couleur et du trait. Valeurs, couleurs, lignes, sont les fondamentaux revisités par l’artiste avec une grande liberté et l’exigence d’une exécution sans bavure.  L’omniprésence significative du blanc, les lumières délicates, les dégradés structurants génèrent une œuvre limpide et fascinante.

 

Les toiles de Catherine Branger ouvrent de nouveaux espaces visuels et façonnent ainsi un autre regard. Selon les propos de l’artiste, l’usage régulier de logiciels de dessin et de retouche photo a  marqué ses travaux récents et influencé son approche artistique. En effet, les fonctions « dégradé », « calque », « magnétisme » au-delà de l’application plastique qu’elles induisent, prennent un autre sens, apportant à travers le filtre et par la main de l’artiste, l’échelonnement des couleurs, leur fractionnement, la rémanence des lignes, la transparence des matières, le rayonnement de la toile… envoûtante et magnétique.

 

Dans la série « In situ », les superbes gouaches de Catherine Branger représentent des intérieurs abritant des œuvres. Il s’agit souvent de son atelier dans lequel sont accrochés ou posés ses travaux. Vibrantes comme la lumière qui se pose sur les toiles, vivantes comme l’atelier dans lequel s’élabore une œuvre, ces « peintures de peintures en situation », trouvent leur souffle propre et respirent l’ombre et la lumière qui les habitent si remarquablement. L’œuvre devient le sujet d’une nouvelle œuvre qui pourrait à son tour être prise comme modèle, c’est dans cette profondeur que vient s’inscrire le spectateur, happé par son propre reflet, pourtant encore invisible. 

 

Sylvie Veyrac

 

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L'illumination philosophique de Laurent Lamy :

"Toutes les fautes sont égales. Il n’y a qu’une faute : ne pas avoir la capacité de se nourrir de lumière".

Simone Weil

(La pesanteur et la grâce)

"Le silence semble nous renvoyer par essence à un au-delà, à une transgression de la limite. C'est en cet au-delà même que nous sommes appelés à écouter : écouter être une partition, une musique indéfinissable et dont on parlerait pourtant, écouter aussi un tableau, au sens claudélien de l’œil qui écoute : " Je crois, dit Paul Claudel, que nous comprendrions mieux les paysages hollandais, ces thèmes de contemplation, ces sources de silence, si nous apprenions à leur tendre l'oreille en même temps que les yeux."

Laurent Lamy

" En sauvant la couleur et le son, la saveur d'un mot, l'artiste, sans le vouloir explicitement, ressuscite la vérité la plus primitive du monde de notre vie que la savant ensevelit; en créant des figures et des mythes, il interprète le monde et institue en permanence un jugement éthique sur notre existence, même si il ne moralise pas ; surtout si il ne moralise pas. "

Paul Ricoeur, Histoire et vérité.  

 

"La couleur est à la peinture ce que le concept est à la philosophie."

Gilles Deleuze