Chez Michel Cure, les jours, les mois, les années et la peinture s’écoulent paisiblement. Immuables sont la douceur des couleurs, la palette raffinée, les textures délicates, les aplats profonds et les transparences sublimes. La peinture devient caresse du temps et le temps imprègne chaque toile de sa lumière propre. L’instant du tableau est tout à sa présence. Fragment d’éternité captif d’un champ sans limites, chaque toile ouvre vers d’autres possibles.

 

Les séries de portraits côtoient sans rupture les grandes toiles abstraites sur châssis ; les toiles libres de plus petit format, les dessins d’après modèles.  Naturellement.

 

Le propos n’est ni figuratif ni abstrait ou les deux à la fois, il est simplement la peinture, la sérénité faite peinture, le calme puissant et sensible de la confiance primitive. Le sourire de l’ange.

 

Un même visage est plusieurs fois soumis à l’exercice de la peinture, angle et lumière diffèrent de l’un à l’autre. Des formes et des couleurs existent, cohabitent, s’effacent, réapparaissent, toujours elles, jamais les mêmes, le temps encore et toujours… œuvre après œuvre, année après année, toute la peinture est là, quelle histoire ! Dire à la fois la densité du silence et sa légèreté, sans rien dire.   

 

Voir ces toiles, les regarder ou les respirer, peut-être les écouter, en tout cas s’accorder avec elles, se laisser faire. Tout peut arriver. Tout arrive.

 

La peinture de Michel Cure c’est comme s’il neigeait. 

Surement, doucement, le recouvrement, la perfection dans l’imperfection, le bruissement, l’apaisement, l’euphorie intérieure, l’émoi. Encore et encore, l’on désire cette peinture comme l’on souhaite que jamais ne cesse la neige.

   

Sylvie Veyrac

 

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L'illumination philosophique de Laurent Lamy :

"Toutes les fautes sont égales. Il n’y a qu’une faute : ne pas avoir la capacité de se nourrir de lumière".

Simone Weil

(La pesanteur et la grâce)

"Le silence semble nous renvoyer par essence à un au-delà, à une transgression de la limite. C'est en cet au-delà même que nous sommes appelés à écouter : écouter être une partition, une musique indéfinissable et dont on parlerait pourtant, écouter aussi un tableau, au sens claudélien de l’œil qui écoute : " Je crois, dit Paul Claudel, que nous comprendrions mieux les paysages hollandais, ces thèmes de contemplation, ces sources de silence, si nous apprenions à leur tendre l'oreille en même temps que les yeux."

Laurent Lamy

" En sauvant la couleur et le son, la saveur d'un mot, l'artiste, sans le vouloir explicitement, ressuscite la vérité la plus primitive du monde de notre vie que la savant ensevelit; en créant des figures et des mythes, il interprète le monde et institue en permanence un jugement éthique sur notre existence, même si il ne moralise pas ; surtout si il ne moralise pas. "

Paul Ricoeur, Histoire et vérité.  

 

"La couleur est à la peinture ce que le concept est à la philosophie."

Gilles Deleuze