L’œuvre d’Olga Vieco se construit au fil des ans dans un aller-retour permanent entre l’atelier et la vie, la vie et l’atelier. La vie dans l’atelier constitue le lien fort, indestructible, qui rassemble ces périodes qui se succèdent et ne se ressemblent  pas.

 

L’intimité de l’atelier est intériorité. C’est dans ce laboratoire, pareil à nul autre, que croît lentement et s’élabore la peinture. A la faveur d’années d’expérimentations et de réalisations, Olga Vieco peaufine sa palette, ses matières, son vocabulaire pictural. Ainsi, la peinture a lieu dans un présent toujours renouvelé.

 

L’évènement pictural se produit au présent dans le dialogue qui s’invite entre l’artiste et la toile poursuivant dans le même temps l’échange initié avec les œuvres précédentes. 

 

C’est ainsi, dans l’immédiateté et la continuité du geste pictural, qu’Olga Vieco créé les conditions de l’avènement de la peinture.

 

Intrinsèquement chaque toile recèle le « happening » sans lequel elle ne serait pas, elle renferme  aussi le point d’orgue contenant le geste stoppé de l’artiste. Instant bref où la peinture est comme suspendue, où tout se joue. C’est ce regard de l’artiste sur sa propre création qui accroche le nôtre, lui évite de se perdre et fait naître l’émotion.

 

Dans cette quête picturale où l’artiste est le seul maître rien n’est jamais définitif, tout est  évolution et équilibre, tout peut toujours basculer et Olga Vieco reprend parfois ses toiles, les transforme.  Ainsi la potentialité d’une métamorphose est également contenue dans chaque toile laissant au spectateur la possibilité d’exercer virtuellement sa propre créativité.  

 

Olga Vieco est de ces rares artistes dont l’œuvre ne s’essouffle ni ne se dilue avec le temps. La maturité lui sied.  La richesse de son répertoire et l’énergie maitrisée de ses actes de peintre font de sa  peinture une œuvre pleine et entière. 

 

 

Sylvie Veyrac

 

 

 

 

 

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L'illumination philosophique de Laurent Lamy :

Le silence semble nous renvoyer par essence à un au-delà, à une transgression de la limite. C'est en cet au-delà même que nous sommes appelés à écouter : écouter être une partition, une musique indéfinissable et dont on parlerait pourtant, écouter aussi un tableau, au sens claudélien de l’œil qui écoute : " Je crois, dit Paul Claudel, que nous comprendrions mieux les paysages hollandais, ces thèmes de contemplation, ces sources de silence, si nous apprenions à leur tendre l'oreille en même temps que les yeux."

Laurent Lamy

« En sauvant la couleur et le son, la saveur d'un mot, l'artiste, sans le vouloir explicitement, ressuscite la vérité la plus primitive du monde de notre vie que la savant ensevelit; en créant des figures et des mythes, il interprète le monde et institue en permanence un jugement éthique sur notre existence, même si il ne moralise pas ; surtout si il ne moralise pas. »

Paul Ricoeur, Histoire et vérité.  

 

"La couleur est à la peinture ce que le concept est à la philosophie."

Gilles Deleuze