Le laboratoire-atelier de René Sultra et Maria Barthélémy est à la fois réel et virtuel à l’instar de leurs recherches-créations. Les œuvres montrées en un lieu et un temps donnés sont généralement le point d’avancement d’un processus en cours d’évolution.

 

Ce travail sur l’image photographique initié dans les années 90 se transforme et s’enrichit au fil des expériences, réflexions et rencontres. De nouvelles et multiples technologies y sont détournées plutôt qu’utilisées pour des créations aussi surprenantes qu’intelligentes, questionnant sans relâche notre relation à l’image, le rapport de l’image au réel et notre propre perception du monde tangible.

 

Tissage industriel déroulant une histoire à la fois image et code, écrans tissés dynamiques, foulards imprimés de paysages virtuels dévoilés ou roulés, fresque murale, panneaux pixelisés, films ovnis pourvoyeurs d’images, superpositions, connexions, aberrations visuelles, plages colorées d’images décortiquées, juxtaposées, retravaillées jusqu’à la révélation/apparition d’une œuvre ou extraites des processus en cours …

 

A l’origine des œuvres, précédant la matière, les matrices ou les outils utilisés, préexistent deux monologues artistiques, alimentés par l’état d’alerte permanent auquel se soumettent les deux artistes et sous-tendus par l’énergie et la curiosité que suscite précisément cet état de veille. Ces flux de pensée se nourrissent mutuellement et donnent finalement lieu à de multiples connexions, échanges et résonances pour aboutir aux expériences d’où naîtront les œuvres.

 

Dans cet univers artistique où tout semble être un jeu philosophique autant que sociologique, les deux artistes génèrent sans cesse de nouveaux codes venant augmenter leur vocabulaire commun. La densité et la richesse du propos entraînent Maria Barthélémy et René Sultra dans un questionnement perpétuel et dynamique encourageant continuel-lement l’invention de nouvelles formes et stratégies de création.

 

Sylvie Veyrac

 

Vous aimez ? Partagez...

L'illumination philosophique de Laurent Lamy :

Le silence semble nous renvoyer par essence à un au-delà, à une transgression de la limite. C'est en cet au-delà même que nous sommes appelés à écouter : écouter être une partition, une musique indéfinissable et dont on parlerait pourtant, écouter aussi un tableau, au sens claudélien de l’œil qui écoute : " Je crois, dit Paul Claudel, que nous comprendrions mieux les paysages hollandais, ces thèmes de contemplation, ces sources de silence, si nous apprenions à leur tendre l'oreille en même temps que les yeux."

Laurent Lamy

« En sauvant la couleur et le son, la saveur d'un mot, l'artiste, sans le vouloir explicitement, ressuscite la vérité la plus primitive du monde de notre vie que la savant ensevelit; en créant des figures et des mythes, il interprète le monde et institue en permanence un jugement éthique sur notre existence, même si il ne moralise pas ; surtout si il ne moralise pas. »

Paul Ricoeur, Histoire et vérité.  

 

"La couleur est à la peinture ce que le concept est à la philosophie."

Gilles Deleuze