Exposition Vincent Fortemps

Du 1er juillet au 15 octobre 2022

Vernissage le vendredi 2 septembre à 19h

 

Un jour de flânerie en librairie, un petit livre aux noires transparences intitulé Barques a attiré mon regard. J’y ai trouvé un univers insoupçonné. Sauvage, libre, fort. Les dunes livrées au vent, les herbes farouches, la mélancolie pénétrante, une beauté rare, un cadeau.

 

Un autre jour, quelques années plus tard, au festival de la bande dessinée d’Angoulême, parmi des milliers de livres, dans le brouhaha et la foule du salon, l’ouvrage de Vincent Fortemps Par les sillons a fait resurgir la même émotion et un grand silence. 

 

Vincent Fortemps, travaille ses matières avec spontanéité et justesse parvenant à révéler la réalité vibrante des scènes et paysages. Dans ses ouvrages, chaque planche issue d’une narration se suffit à elle-même et porte intrinsèquement une forme d’immensité. Il y a quelque chose dans ses œuvres qui est de l’ordre de l’oubli, de la fascination, de la mémoire aussi.

 

L’extrême sensibilité des textures et du trait, la densité des noirs, la richesse des grisés, l’intuition des blancs, la caresse des estompes, les griffures et ratures font apparaître le sujet tellement vivant ou fragile ou puissant…

 

Souvent à la limite de l’abstraction, le travail de Vincent Fortemps est criant de vérité brute, émouvant : ses oiseaux, perchés sur un brin d’herbe ou sur un nid, sont des êtres légers, doux, simples, au petit corps chaud et fragile. Leur présence est palpable, touchante et pourtant ils viennent d’ailleurs.

 

Résurgences apparues des profondeurs d’un monde, brouillard, landes désolées, paysages lacérés, matières malmenées, Vincent Fortemps nous invite à pénétrer des contrées dont la quintessence habite les débris.

 

Sylvie Veyrac

 

Vous aimez ? Partagez...

L'illumination philosophique de Laurent Lamy :

"Le silence semble nous renvoyer par essence à un au-delà, à une transgression de la limite. C'est en cet au-delà même que nous sommes appelés à écouter : écouter être une partition, une musique indéfinissable et dont on parlerait pourtant, écouter aussi un tableau, au sens claudélien de l’œil qui écoute : " Je crois, dit Paul Claudel, que nous comprendrions mieux les paysages hollandais, ces thèmes de contemplation, ces sources de silence, si nous apprenions à leur tendre l'oreille en même temps que les yeux."

Laurent Lamy